Rappelez-vous ce baiser rouge sur une toile immaculée de Cy Twombly qui en avait fait rire certains, mais certes pas l’artiste en question, ni le personnel chargé de veiller sur l’exposition Blooming consacrée au peintre à la Fondation Lambert en Avignon au mois de juillet dernier.
Sam Rindy, une jeune artiste cambodgienne de 30 ans, admiratrice de Twombly, avait été mise en garde à vue en juillet dernier après avoir exprimé son admiration pour le tableau en l’embrassant de ses lèvres maquillées, déposant une trace de rouge à lèvres sur cette toile initialement évaluée à 2 millions d’euros.
Au tribunal correctionnel d’Avignon devant lequel le procès de Sam s’est ouvert ce matin, le représentant du parquet a estimé que le geste de la jeune femme pouvait être assimilé à « une sorte de cannibalisme ou de parasitisme », alors que la jeune femme estime que son acte était « un geste d’amour » et plaide non coupable.
Poursuivie pour dégradation volontaire d’une oeuvre d’art, elle encourt une amende de 4.500 euros ainsi qu’une peine complémentaire, un stage de citoyenneté, car « Il faut rappeler la loi mais aussi éduquer la prévenue », a déclaré le représentant du parquet.
A noter que selon La Provence.com, l’expertise du tableau aurait également révélé une « rayure noirâtre de 30 cm » sur la toile qui a pu être laissée par un bijou.
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Cet article a été posté le Mardi 9 octobre 2007 à 14:20 dans la/les catégorie(s) Actualité, Culture. Vous pouvez suivre les commentaires de cet article via le flux RSS 2.0.
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Dans quel monde superficiel vit-on pour estimer une toile blanche à plus de 2 millions d’euros ? Cette jeune femme ne merite pas le sermon qu’on lui fait !! un peu d’auto dérision M. Cy Twombly !!
Une nouvelle fois, le fascisme féministe se révèle dans toute son iniquité avec toutes ces décisions de justice « sympas » . Une nouvelle fois, une femme parce que c’est une femme, va bénéficier de toute la clémence et de toutes les compréhensions des juges avec des sanctions – quand il y en a- dix fois moindres que celles qui auraient été infligées à un homme, auteur de faits strictement identiques. Une nouvelle fois, la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle sur lesquelles repose tout le fondement de la doctrine féministe, apparaissent dans tout leur horreur avec une lutte et une propagande médiatique pour maintenir le privilège de l’irresponsabilité pénale de la femme, en vigueur en d’autres temps où la femme était considérée comme une « majeure incapable ». Mais là, les fascistes féministes ne se plaignent pas de ce statut spécial et ne revendiquent pas la parité avec les hommes! les droits oui mais les devoirs non…
sérieusement c’est pas cher payé, un amatrice essaye de se mettre en valeur en dégradant une oeuvre d’art, personne ne peut remettre en question le talent de l’artiste et la valeur de la toile…. et surtout pas la dégradé d’un baiser, c’est irrespectueux de la part de quelqu’un qui dit aimer le travail de l’auteur et le bafoue.
Quelle clémence inexpliqué.
Cette histoire est vraiment hallucinante. Car la toile n’est pas peinte, de plus Lambert ne l’a pas acheté. On a d’un côté une jeune femme qui a vraiment été pris par le pouvoir de l’art et de l’autre un monde de marchand. De plus Riny Sam a distribué gratuitement un bristol et on retrouve celui-ci sur eBay proposé aujourd’hui à neuf millions d’euros. Le monde devient fou quand on parle d’art. Le fond du problème c’est l’incompatibilité entre le monde de l’art et le monde de l’argent.
D’autre part la Collection récupère cet évènement en proposant à partir du 28 octobre une exposition « J’embrasse pas », chez les marchands on ne perd jamais le nord…
franchement une toile blanche à 2 millions d’euros on ce fou de la gueule de qui
enfin si certain sont pres à payer
il a raison de les vendre à ce prix là
Cy Twombly est un petit escroc …La toile « victime » du bisou n’etait nulement un monochrome blanc mais une toile en lin apretée… une toile vierge « prète à peindre » en fait…. Si il sufit d’aller acheter une toile vierge, ne rien peindre dessus et dire que c’est de l’art (ou du cochon !) JE DIS NON je requiert donc 20ans de prison ferme et 2 000 000€ d’amande pour Cy Twombly
Il se fait que moi aussi j’ai vu l’exposition de Cy Twombly, avant le geste de Rindy Sam. Une exposition triste et ennuyeuse à mourir, pas du tout intéressante. D’autre part ce lieu l »hôtel de Caumont, est un endroit sordide, un lieu où de jeunes femmes ont été violées au XVIII ème siècle. Ces murs-là sentent la mort. On parle de Rindy Sam comme d’une folle, et on s’extasie devant une toile non peinte dans une exposition inintéressante et on trouve acceptable que celle-ci soit estimée à deux millions d’euros. Cette histoire montre au grand jour la perversité des gens du monde l’art.
Je conteste la manière dont vous annoncez l’exposition proposée par la collection Lambert « J’embrasse pas » . Pourquoi parlez -vous d’un baiser volé? Nous sommes dans l’art contemporain. L’art contemporain comme son nom ne l’indique pas, ne se définit pas par une période historique. L’art contemporain a pour projet l’abandon des beaux arts, comme chose et comme idée. L’art contemporain c’est l’abandon de la définition de l’art comme maitrise d’un savoir faire. A partir de là on a l’apparition de l’artiste qui ne se définit plus comme possédant un métier. L’artiste ne se définit plus par la maîtrise d’un métier, d’un savoir faire. Dès lors se pose la question de savoir qui est artiste, et qu’est ce qu’une œuvre d’art puisque le critère du savoir-faire n’est plus valide ? Lorsque Bertrand Lavier fait monter par un socleur un parpaing sur socle est-ce une œuvre d’art ? Peut-on considérer qu’une épave d’Alpha Roméo vendue par Bertrand Lavier et achetée par le FRAC de Strasbourg soit une œuvre d’art ? Sur tout lorsque Lavier déclare que ces œuvres n’ont pas besoin de discours et qu’elles parlent d’elles-mêmes. Dès lors pour bien comprendre, il faut savoir que deux courants théoriques s’affrontent sur cette question. Pur les uns, dans la lignée de Danto et Dickie , un objet est considéré comme œuvre d’art si l’institution, le monde marchand de l’art, les « professionnels de l’art » reconnaissent que cet objet est une œuvre d’art et cet individu est un artiste. C’est la théorie institutionnelle de l’art. Mézil et les gens qui gravitent autour d’Yvon Lambert défendent cette conception. Un objet est de l’art s’il est situé dans le contexte de l’art, si on l’interprète d’un point de vue sociologique. Pour Dickie l’artiste est impliqué dans l’institutionnalisation de l’art. Dans cette perspective l’art ne doit assumer aucune position philosophique. Danto, évoque quant à lui l’art contemporain en parlant des arts de la perturbation, (qui rime avec masturbation). Pour Danto les musées font œuvre de civilisation en exposant par exemple les objets de Bertrand Lavier. Il s’agit de confiner le désordre.
A cette première conception s’oppose l’idée que l’art est d’abord l’expression de la vie et qu’elle embrasse une activité philosophique. Dans cette perspective on trouve des textes tout à fait passionnant d’ Allan Kaprow. (Par exemple L’art et la vie confondue 1994). Allan Kaprow est l’inventeur du happening en 1955. Pour Kaprow Un happening est un évènement qui n’a lieu qu’une fois, et qui n’est pas reproductible. C’est tout à fait le cas du Baiser Rouge de Rindy. Par exemple les baiser à 5 frs d’Orlan, relèvent du guignol. Les artistes contemporains sont plein de doute. Ils se demandent quel art devrait exister. C’est précisément au nom de ce doute que Kaprow critique la théorie institutionnelle. Définir l’art par le contexte encadré nous rassure, sur le fait que ce qui est à l’intérieur est de l’art. C’est pour cela que Kossuth a pu dire que le happening est l’un des arts les plus responsables de notre temps, car il pose la question de la finalité de l’art. C’est en ce sens que le Baiser Rouge de Rindy est une œuvre grandiose car ce baiser pose par les nombreux débats suscités la question de la finalité de l’art de notre temps.
Ainsi pour kaprow, ce que l’art a perdu en beauté, en dimension sensible, il doit le gagner en pensée. C’est par là que l’art prend en charge le questionnement philosophique. Seulement Kaprow met en garde il faut échapper à ce qu’il appelle la réification, la transformation en chose de cette instant de vie, par exemple le Baiser Rouge de Rindy. Ca veut dire qu’il ne faut pas transformer la liberté de l’artiste en métier. Sinon on sombre dans le spectacle on n’est plus dans la vie. Il faut comprendre Le happening comme une expérience existentielle. L’art de bien vivre. C’est du même mouvement que l’art perd sa nature d’activité en devenant intelligence morale.
Dès lors il semble maintenant que cette deuxième conception tend à s’imposer. D’où un certain glissement. Dans cette affaire Yvon Lambert à tout à perdre à ne pas reconnaître la dimension artistique du geste de Rindy. Ce geste est unique. Ce geste n’est pas reproductible. Ce geste s’inscrit dans une conception défendue par Kaprow dont le centre Pompidou a rendu a un hommage soutenu en 1994.
Sur un plan financier la toile ne valait rien par elle-même. Aujourd’hui, compte tenu de la publicité faite autour d’elle, et les débats qu’elle suscita, la toile présente un intérêt artistique incontestable. A Yvon Lambert d’inaugurer maintenant un geste grandiose : annoncer qu’il ne restaura pas la toile, qu’une pauvre artiste au RMI a embrassée pour avoir cru au pouvoir de l’art. Certes cela ridiculisera Eric Mézil, mais l’histoire se souviendra du geste inouï du marchand d’art qui authentifia la valeur artistique d’une œuvre en lui conférant une prospérité hors du commun. Si du reste, Yvon Lambert décidait d’exposer la toile de Cy embrassé par Rindy, il est fort à parier que de l’exposition connaîtrait un succès remarquable.
Pour être tout a fait complet dans cette affaire certains ont joué leur rôle et d’autres pas.
Ont joué leur rôle:
1. La jeune artiste croyant au pouvoir de l’art et emportée par la flamme.
2. Le directeur de la collection Eric Mézil dont le travail est de protéger les oeuvres et d’animer un lieu. De ce point de vue il a très bien tenu son rôle.
3. Le marchand Yvon Lambert dont le travail est de gagner de l’argent, donc il réclame au procès deux millions d’euros, ce qui est en soi tout à fait concevable puisqu’il est marchand.
Mais d’autres n’ont pas joué leur rôle.
1. La restauratrice Barbara Blanc qui d’abord se présente comme une experte indépendante, ce qu’elle n’est pas puisqu’elle travaille exclusivement pour la maison Lambert, et qui estime la restauration de la toile à 33000 euros…, quand une estimation de restaurateurs spécialisés dans l’art contemporain issu de l’école d’Avignon table sur un montant de 1500 euros. Barbara Blanc a tenu un rôle qu’elle n’avait pas à tenir, du coup sa réputation en prend un coup.
2. Les artistes comme Bertand Lavier et Barcelo qui ont soutenu la position de la maison Lambert. Erreur impardonnable de leur part. Eux qui ont construit leur carrière sur la scène de la provocation ont montré leur véritable visage, des inquisiteurs, des personnages sans aucune fibre artistique, et le néant de leur production apparaitra bientôt comme une évidence aux yeux de tous.
Enfin dans cette affaire on a effectivement oublié une chose: que la toile était non peinte et non signée. Autrement dit on a oublié la singularité de l’objet en question. Or l’art n’est-il pas d’ouvrir sur la singularité de chaque chose?
Le temps est venu de prendre de la hauteur. Aujourd’hui il n’y a qu’une solution c’est prôner la réconciliation. Yvon Lambert garde la toile, il reconnait que c’est un geste artistique, il la vend comme tel si le coeur lui en dit et les valeurs suprêmes de l’art sont sauvegardées. Sinon, la crise de confiance entre le public et l’art contemporain va s’aggraver. Et personne n’a intérêt à cela. Dans cette histoire, il faut être pragmatique, Yvon Lambert a tout à gagner à garder la toile avec ce bisous. Séverine vous n’avez pas lu ce que j’ai écris plus bas. Le Baiser de Rindy c’est un happening. Or un happening est un évènement unique, singulier qu’on ne peut pas reproduire. Cela n’a rien à voir avec le vandalisme du musée d’Orsay. Et vous le savez très bien. Qui parle encore de cette affaire d’Orsay? Dans cinquante ans on parera encore du baiser de Rindy. Cela dépasse largement ce que notre sens commun a l’habitude de considérer. Encore une fois, chacun a joué son rôle, ente gens viscéralement passionné par l’art. Mais dans cette histoire personne n’a intérêt que l’art soit attaqué. Il s’agit maintenant d’adopter une attitude responsable, et cesser de présenter le baiser de Rindy comme du vandalisme. Une position qui n’est vraiment plus défendable aujourd’hui. C’est le sens de l’histoire, qui dépasse largement le cas particulier de Rindy. L’art est amour, il faut revenir à ces fondamentaux. D’autant que pour une toile non peinte, il ne faut pas non plus exagérer le préjudice. Il faut bien comprendre que dans cette histoire il n’y aura ni gagnant ni perdant, il s’agit simplement de réconcilier le public avec l’art de son temps. Le temps est venu de s’aimer à nouveau.
2 millions d’euros pour une toile vierge ???
p’tain, je comprends que certains appellent ça du « foutage de gueule » !!!!
Qu’une toile vierge — et pas n’importe laquelle, c’est-à-dire exposée dans un contexte précis — coûte 2 M d’euros… En quoi est-ce du “foutage de gueule” ? puisque ce n’est qu’une évaluation.
Bien qu’étant admiratif de l’oeuvre de Cy Twombly, le commentaire de Jean de la Nuit m’a pleinement convaincu. Toutefois, il est dommage que Sam Rindy soit présentée comme une « pauvre artiste au RMI ».
Merci, Jean de la Nuit, pour ce texte remarquable qui met un peu de calme et de clarté sur l’événement et le rôle joué par chacun.
Pour apprécier l’art de Cy Twombly, je suggère de comparer le trois mats anglais le Téméraire, héros de la bataille de Trafalgar, peint par Turner, remorqué au coucher du soleil vers son dernier mouillage pour y être désarmé. Et l’interprétation ou la recréation de ce même Téméraire par l’ineffable Twombly.
A suivre.
bon je tien a en remettre certains a leurs place en leur disant ma pensée et ce qu’il en est de cette « fameuse » toile.
tout d’abord cette toile n’est pas vierge comme on peut le penser mais elle se compose d’une succession de teintes de blanc de couleurs tres claire. secondement Cy Twombly n’est en aucun un escros, ce n’est tout d’abord pas lui qui gère le prix de ces toiles et en outre pour ce geste passsionnée il ne demanda qu’un simple euros symbolique. l’escroquerie, c’est la galerie qui l’a fait en faisant le proces et qui je le suppose a bien du profiter de cela pour ce faire de l’argent. cette toile d’un maitre en peinture qui deviens certes pour nous quelque chose de banal et d’excessivement cher n’est autre que de l’art . avant de dire des conneries renseigné vous sur l’artiste tout d’abord et la toile en elle même.
Oui bonjour,
Je connais Barbara Blanc pour avoir travaillé avec elle à l’Eclat de Verre à Marseille où elle a d’ailleurs été responsable en partie de mon licenciemnt là bas … je crois qu’elle a pris une veste, non ?
Véronique