Louis de Cazenave était le doyen des poilus survivants de la première guerre mondiale. Il avait 110 ans, son décès est intervenu dimanche matin à son domicile de Brioude, en Haute-Loire. Il «est mort comme il le désirait, chez lui, dans son sommeil, sans souffrir», a témoigné son fils.

Louis de Cazenave est né le 16 octobre 1897 à Saint-Georges-d’Aurac, en Haute-Loire. Il a été mobilisé en 1916, il été alors âgé de 18 ans. Il a ser­­­vi dans plusieurs régiments d’in­fanterie coloniale, comme le 5e bataillon de tirailleurs sénégalais. Il a participé à la bataille de la Somme, à l’offensive du Chemin des Dames et à la libération du territoire national. Il a été dé­mobilisé en 1919.


Après la guerre, il a travaillé en tant que cheminot, il s’est marié et a eu trois fils. Il bénéficia d’une retraite partielle à 41 ans. En 1995, il avait reçu la Légion d’honneur, à l’âge de 98 ans.

Les obsèques se dérouleront mardi. Louis de Cazenave désirait un enterrement en toute simplicité. Il avait fait une déclaration au quotidien auvergnat La Montagne à ce sujet, suite à la proposition de Jacques Chirac d’offrir des obsèques solennelles de portée nationale au denier poilu qui disparaîtrait.

Avec cette disparition, il ne reste plus qu’un ancien combattant de la grande guerre. Le dernier poilu se nomme Lazare Ponticelli, également âgé de 110 ans. Lazare Ponticelli est né le 7 décembre 1897, et est de deux mois le cadet de Louis Cazenave. Il s’est également opposé aux funérailles nationales promises en 2005 par Jacques Chirac. Il considère que «ce serait un affront pour les gens qui sont morts avant moi».

Chaque 11 novembre, il rend hommage à ses camarades morts durant la grande guerre, lors de la commémoration de l’Armistice au Kremlin-Bicêtre.

Il s’est engagé en 1914, à l’âge de 16 ans, au 1er Régiment de marche de Sidi-Bel-Abbès, dans la Légion étrangère. En 1915, comme tous les Italiens engagés dans l’armée française, il doit partir combattre sous le drapeau transalpin après l’entrée en guerre de l’Italie aux côtés de la France. Il devient alors chasseur alpin, pour se battre contre les Autrichiens. Il a été démobilisé en 1916, et est revenu en France en 1921. Il sera naturalisé Français en 1939.

Il crée alors une entreprise avec deux de ses frères. La société Ponticelli Frères compte toujours 2.000 salariés à l’heure actuelle.





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