Un levier financier et technique pour des projets portés par des femmes
Depuis son lancement en 2020, le Fonds « La Francophonie avec Elles » de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a pour objectif de renforcer l’autonomie économique des femmes à travers l’espace francophone en finançant des projets locaux. Au Gabon, quatre initiatives ont bénéficié d’un financement total de 288 154 euros. Une délégation conjointe de l’OIF et de TotalEnergies s’est récemment rendue sur le terrain, notamment à Bitam et Minvoul, pour évaluer les résultats et échanger avec les bénéficiaires et les organisations partenaires.
Le reportage souligne le rôle central des femmes dans les économies africaines : elles produiraient près de 80 % des denrées alimentaires en Afrique subsaharienne, représenteraient 70 % du commerce transfrontalier informel et dirigeraient 60 % des petites et moyennes entreprises — un réflexe économique qui distingue l’Afrique comme la seule région où l’entrepreneuriat féminin dépasse celui des hommes.
"Aujourd’hui, en moyenne, les femmes augmentent leur revenu par trois, multiplient par trois leur revenu. Et donc, cette augmentation de revenu va venir jouer, va venir renforcer les familles elles-mêmes, les femmes elles-mêmes dans leurs capacités, mais dans la sécurité alimentaire également, mais aussi pour les enfants, la scolarisation des enfants, l’accès aux soins de santé. Et donc, c’est un levier de développement durable. Et aussi, au sein des communautés. Donc, ça va venir accroître la prospérité des communautés. Parce qu’une femme, en fait, qui est soutenue à travers le fonds, elle aura un impact sur l’ensemble, en fait, de la communauté à laquelle elle appartient."
— Michèle Balourd-Quidal, cheffe de l’Unité Égalité Femmes-Hommes à l’OIF.
Pourquoi ce financement est-il nécessaire ?
Malgré leur rôle majeur dans la production et le commerce, les femmes restent souvent confrontées à des obstacles structurels : accès limité au financement, manque de formation professionnelle et insuffisance des ressources productives. Ces freins sont particulièrement marqués en Afrique centrale, où l’écosystème d’appui à l’entrepreneuriat féminin est moins développé que dans d’autres régions.
- Financement : les femmes ont plus de difficultés à obtenir des prêts formels et à réunir des garanties.
- Formation : l’accès à des formations techniques et commerciales demeure inégal.
- Ressources productives : terres, équipements et intrants agricoles sont souvent moins accessibles aux femmes.
Ce que portent les projets financés
Les quatre initiatives gabonaises soutenues par le Fonds cherchent à améliorer la capacité d’action des entrepreneures locales, via un mix de formations, d’appui technique et d’investissements productifs. La mission de terrain à Bitam et Minvoul vise à mesurer l’effet concret sur les revenus, la sécurité alimentaire et l’accès aux services essentiels pour les familles des bénéficiaires.
Le reportage rappelle que le soutien aux femmes entrepreneures ne relève pas uniquement d’un objectif d’égalité : il s’agit aussi d’un levier de développement durable, puisque les gains de revenus réinvestis par les femmes profitent fréquemment à l’éducation des enfants, à la santé et à la résilience des communautés.
Quels enseignements pour la France et les acteurs publics ou privés ?
Pour les structures françaises (ONG, institutions académiques, entreprises) et les décideurs, l’exemple du Fonds de l’OIF illustre plusieurs pistes d’action :
- conjuguant microfinancements et accompagnement technique pour accroître l’impact durable ;
- ciblant les zones rurales et transfrontalières où les besoins en formation et en infrastructures sont les plus importants ;
- favorisant les partenariats locaux avec des organisations de femmes pour assurer l’appropriation et la pérennité des projets.
Chiffres et éléments-clés
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Montant total financé au Gabon | 288 154 € |
| Nombre de projets soutenus au Gabon | 4 projets |
| Part de la production alimentaire par les femmes (Afrique subsaharienne) | ~80 % |
| Part du commerce transfrontalier informel | 70 % |
| Part des PME dirigées par des femmes (Afrique) | 60 % |
Les résultats concrets de ces opérations d’accompagnement méritent un suivi approfondi : taux de pérennité des entreprises soutenues, évolution durable des revenus des bénéficiaires et effets sur l’emploi local. L’OIF et ses partenaires pourront, à terme, capitaliser sur ces données pour ajuster les modèles de financement et d’accompagnement.
Pour les lectrices intéressées par l’entrepreneuriat solidaire ou par des partenariats internationaux, ces initiatives montrent l’importance d’un financement adapté et d’un accompagnement technique pour transformer un potentiel économique en développement effectif et durable.