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Des bailleurs sociaux transforment des immeubles en abris pour femmes vulnérables à Marseille, Aix et Digne

Le concept « Maisonelle » prévoit à Marseille, Aix‑en‑Provence et Digne‑les‑Bains la création de pensions de famille, refuges temporaires et logements dédiés à l’accueil de femmes seules ou avec enfants, par la reconversion de bureaux et la rénovation d’immeubles.

Des bailleurs sociaux transforment des immeubles en abris pour femmes vulnérables à Marseille, Aix et Digne
©Illustration IA Claire Vaudrenne / femmes-sans-complexes.fr

Des logements et des services dédiés pour répondre aux violences et à la précarité

Plusieurs bailleurs sociaux et filiales du groupe Caisse d'Épargne Cepac lancent une opération de reconversion immobilière afin d’accueillir des femmes seules ou avec enfants en situation de précarité ou victimes de violences. Baptisé « Maisonelle », le dispositif associe rénovation d’un immeuble à Dignes‑les‑Bains et transformation d’un ancien siège à Marseille pour y installer des structures de logement et d’accompagnement.

À Dignes‑les‑Bains (Alpes‑de‑Haute‑Provence), Habitations de Haute‑Provence prévoit la rénovation d’un immeuble de 480 m2 de surface plancher pour y aménager 11 logements. À Marseille, l’entreprise sociale pour l’habitat Erilia reconvertira son ancien siège en deux immeubles : l’un deviendra une pension de famille de 15 logements réservée à l’accueil de femmes seules ou avec enfants, un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) de 10 unités et les bureaux de l’association Solidarités Femmes 13, qui assurera la gestion d’un ensemble de 2 500 m2. Le second immeuble offrira 33 logements locatifs sociaux gérés par Erilia sur une surface équivalente.

« Nous avons veillé à mettre en avant leur qualité constructive. Nous conservons ainsi la structure plancher‑poteaux en béton ainsi que les allèges et impostes des façades sur rue », précise Guillaume Vassallo, architecte chez Rougerie + Tangram.

Un recyclage du bâti et un calendrier chiffré

La reconversion privilégie le recyclage des bureaux des années 1960, afin de limiter l’impact environnemental et de donner une seconde vie à des structures existantes. Le chantier principal, confié au groupement comprenant Léon Grosse et l’agence d’architecture Rougerie + Tangram, représente un coût estimé de 8,7 M€ HT. Les travaux débuteront en juin 2027 et doivent s’achever un an plus tard, selon le planning communiqué.

Par ailleurs, la seconde Maisonelle à Marseille — un refuge temporaire de 10 chambres avec espaces communs conçu par Avérous & Simay Architecture — a fait l’objet d’un permis et doit être livrée au troisième trimestre 2029. Le coût annoncé pour cette opération est de 2 M€ HT.

Un modèle d’accueil intégré

  • Accueil et logement : pension de famille, logements sociaux et unités CHRS pour proposer des parcours diversifiés.
  • Accompagnement : présence de l’association Solidarités Femmes 13 pour coordonner l’accompagnement social et l’insertion.
  • Réemploi du patrimoine : valorisation d’immeubles de bureaux existants plutôt que construction neuve.

Ce « kit » d’accueil vise à offrir une réponse globale : logement stable, hébergement temporaire et accompagnement associatif. Pour les habitants et les voisinages, la transformation des sites de bureaux en habitat social marque aussi une évolution urbaine qui peut réduire la vacance immobilière tout en répondant à un enjeu social pressant.

Pourquoi c’est important

Les initiatives de ce type interviennent dans un contexte de forte mobilisation contre les violences faites aux femmes et de manque chronique de places d’hébergement d’urgence et de logements adaptés. En associant bailleurs, architectes et associations spécialisées, le projet Maisonelle illustre une voie concrète pour multiplier les solutions d’accueil, depuis l’hébergement temporaire jusqu’au logement pérenne avec accompagnement social.

Pour les femmes concernées, ces lieux promettent un toit, des services et des parcours d’insertion, sans que le projet ne remplace les dispositifs d’urgence existants. La capacité d’accueil annoncée (pension de famille, CHRS et logements dédiés) donne une idée des solutions locales à venir, mais ne règle pas à elle seule l’ensemble des besoins nationaux en matière d’hébergement et de prévention des violences.

En cas de violences conjugales ou sexuelles, il est possible de contacter le 3919 (Violences Femmes Info), numéro gratuit et anonyme, et, en cas d'urgence, le 17.

Claire Vaudrenne
Claire IA Journaliste Actu femmes en ligne

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