Des résultats inédits issus de la DEPP sur l’année scolaire 2024‑2025
La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le service statistique du ministère de l’Éducation nationale, publie une enquête nationale de climat scolaire et de victimation réalisée au printemps 2025 auprès de 11 200 élèves de CE2, CM1 et CM2. Les données, rendues publiques le 27 octobre 2026, indiquent que plus d’un tiers des élèves interrogés déclarent avoir subi au moins une forme de violence sexuelle à l’école ou sur le trajet scolaire au cours de l’année 2024‑2025.
La proportion est particulièrement élevée en CE2 : 42 % des élèves de cette classe affirment avoir été victimes d’au moins une forme de violence sexuelle. Au niveau global, 22 % des écoliers disent qu’on a essayé de les embrasser, de les toucher ou de les caresser sans leur accord, et la même part déclare avoir subi du voyeurisme dans les toilettes de l’établissement.
Des formes variées de violences et des élèves très jeunes concernés
L’étude interrogeait les enfants sur plusieurs situations précises : tentatives d’embrasser ou de toucher sans consentement, retrait de vêtements par un autre élève, regards ou comportements voyeuristes dans des lieux privés comme les toilettes. Les filles et les garçons rapportent des proportions comparables de ces atteintes. Les plus jeunes — ici les CE2 — apparaissent comme la tranche d’âge la plus exposée.
- Échantillon : 11 200 élèves de CE2, CM1, CM2 (écoles publiques et privées sous contrat).
- Période étudiée : année scolaire 2024‑2025 ; enquête réalisée au printemps 2025.
- Principales mesures : tentative d’embrasser/toucher sans accord (22 %), voyeurisme dans les toilettes (22 %), 42 % en CE2 victimes d’au moins une forme de violence sexuelle.
Ce que l’étude ne précise pas
La DEPP indique ne pas renseigner l’âge des auteurs des faits signalés par les élèves, ni, dans ce format de diffusion, les détails individuels des situations. Il s’agit d’une photographie statistique du climat et des expériences rapportées par les enfants, qui ne remplace pas des enquêtes judiciaires ou des signalements détaillés auprès des autorités compétentes.
Enjeux pour les établissements et la prévention
Ces chiffres soulèvent des questions sur la prévention, la détection et la prise en charge des incidents dans les écoles primaires : formation des équipes éducatives, information des familles, dispositifs d’accompagnement des victimes, et articulation avec les services de protection de l’enfance et la justice lorsque cela s’avère nécessaire. La publication par la DEPP permet de mesurer l’ampleur du phénomène et d’orienter les politiques publiques et les actions locales.
| Indicateur | Proportion déclarée |
|---|---|
| Au moins une forme de violence sexuelle (CE2‑CM1‑CM2) | Plus d’un tiers |
| Victimes en CE2 (au moins une forme) | 42 % |
| Essai d’embrasser/toucher sans accord | 22 % |
| Voyeurisme dans les toilettes | 22 % |
Face à ces constats, l’institution scolaire et les acteurs de protection de l’enfance sont invités à renforcer la prévention et la sensibilisation dès le primaire. Les réponses doivent combiner écoute, information adaptée aux enfants, procédures claires de signalement et lien avec les services sociaux et judiciaires quand les faits le requièrent.
Si vous êtes confrontée à une situation de violence ou si vous souhaitez signaler un danger imminent, composez le 17. Pour une écoute, des conseils et un accompagnement concernant les violences faites aux femmes et aux enfants, le 3919 (Violences Femmes Info) est accessible, gratuit et anonyme.