Sur Instagram, la visibilité des femmes âgées reste souvent limitée ou enfermée dans des représentations convenues. Isabelle d’Ornano vient bousculer ce paysage à sa manière, sans avoir cherché à devenir une personnalité des réseaux sociaux. À 89 ans, la cofondatrice de Sisley est devenue l’un des visages du mouvement Own your age, après la diffusion de vidéos tournées par sa petite-fille, Milena.
Dans An afternoon with Isabelle d’Ornano et A morning with Isabelle d’Ornano, elle apparaît dans des scènes de la vie quotidienne, les cheveux mouillés, sans maquillage et en maillot de bain. Une autre série, intitulée The Soap Opera, rassemble cinq épisodes filmés à la campagne. On y voit plusieurs générations de sa famille participer à une séquence autour d’un nouveau savon, dans le cadre de la piscine familiale. Ces images ont suscité des millions de vues et ont été remarquées pour leur tonalité tendre et intergénérationnelle.
Une présence loin des codes de la mise en scène publicitaire
Ce qui retient l’attention n’est pas une transformation ou une promesse de jeunesse, mais la place accordée à une femme de 89 ans dans des images simples, sans recherche apparente de perfection. Le visage, les cheveux ou la tenue d’Isabelle d’Ornano ne sont pas présentés comme des éléments à corriger. La séquence s’inscrit plutôt dans une représentation de l’âge comme une période de création, de partage et de liberté.
- 89 ans : l’âge d’Isabelle d’Ornano au moment de cette nouvelle notoriété sur Instagram.
- Deux vidéos : An afternoon with Isabelle d’Ornano et A morning with Isabelle d’Ornano.
- Cinq épisodes : le format de la série familiale The Soap Opera.
Cette visibilité accompagne la parution d’Imagine, son nouveau livre consacré à ses coussins brodés au « petit point ». Isabelle d’Ornano y inscrit notamment les mots peace, love et hope. Elle explique que le premier renvoie à la guerre en Ukraine, qui l’a beaucoup préoccupée, tandis que le dernier fait écho à une phrase de Bernanos sur l’espérance.
« Les mots sont essentiels… La parole nous distingue des autres êtres vivants. »
— Isabelle d’Ornano, interrogée par Vogue
Pour elle, le mot sert de point de départ à chaque ouvrage : elle le brode, puis imagine le reste du motif sans dessin préparatoire. Elle décrit cette activité comme une pratique « presque méditative ». Le petit point n’est d’ailleurs pas une découverte récente. Isabelle d’Ornano raconte l’avoir commencé il y a soixante ans, avant de l’interrompre vers 50 ans passés, puis de s’y remettre.
De Sisley au petit point, une même attention à l’image
La créatrice voit un lien entre son parcours dans la beauté et son travail textile. Chez Sisley, elle s’est notamment occupée de découpages destinés aux sacs de Noël et aux coffrets de fin d’année. Les couleurs, les formes et la composition occupent donc une place centrale dans ses deux univers, même si la broderie lui offre aujourd’hui un espace plus personnel.
| Projet | Ce qu’il met en avant |
|---|---|
| Imagine | Des coussins brodés et des mots choisis par Isabelle d’Ornano |
| The Soap Opera | Une séquence familiale tournée à la campagne |
À travers ces publications et ces vidéos, Isabelle d’Ornano apparaît ainsi dans plusieurs rôles : entrepreneuse, artiste, autrice et grand-mère filmée par sa petite-fille. Une trajectoire qui rappelle que la représentation des femmes ne devrait pas s’arrêter à un âge défini, ni dépendre d’une apparence standardisée. Ici, l’exposition médiatique repose surtout sur une personnalité et sur ce qu’elle choisit de transmettre : des mots, des gestes créatifs et une relation familiale visible à l’écran.