Interpellation et mise sous contrôle judiciaire
L'influenceuse Manon Delcourt a été interpellée et placée sous contrôle judiciaire à l'issue d'une garde à vue, a indiqué le parquet de Paris. Les publications mises en cause, diffusées en septembre et octobre, sont soupçonnées d'avoir incité à la violence dans le contexte des mobilisations lycéennes qui secouent le pays. Le parquet précise que une audience est prévue en mai 2027.
Selon les éléments publiés par BFMTV, les chefs retenus sont notamment ceux de provocation à commettre un crime ou délit et de menace de mort ou d’atteinte aux biens dangereuses à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique. Après sa garde à vue, la mise en cause a reçu une convocation pour une audience ultérieure et se voit soumise à des obligations actives et des interdictions.
Les restrictions décidées
- Interdiction de manifester sur la voie publique ;
- Interdiction d'utiliser son compte sur le réseau social X (ex-Twitter) ;
- Convocation au procès ou à l’audience prévue en mai 2027.
Ces mesures, précisées par le parquet, visent à prévenir tout risque de récidive pendant l'instruction. BFMTV rappelle que l'influenceuse compte plusieurs dizaines de milliers d'abonnés sur Instagram et TikTok, ce qui explique la portée médiatique de l'affaire.
Le contexte : prises de parole et manifestations lycéennes
Manon Delcourt s'était exprimée à plusieurs reprises sur les réseaux au sujet du mouvement lycéen. Dans des publications récemment citées par les médias, elle aurait tenu des propos tels que « la casse on s'en fiche » et laissé entendre que certains dégâts matériels étaient secondaires par rapport aux revendications ; elle avait aussi exprimé son espoir vis-à-vis des actions en cours. BFMTV note toutefois qu'il n'est pas établi publiquement que ces messages seuls ont motivé l'interpellation, la procédure résultant d'une enquête plus large ouverte après plusieurs publications en septembre et octobre 2026.
« La mise en cause a été présentée au parquet qui lui a remis une convocation en vue d’une audience prévue en mai 2027 », a indiqué le parquet de Paris.
Déroulé procédural rapporté par l'intéressée
Dans une story Instagram, l'influenceuse a raconté avoir été arrêtée jeudi 22 octobre à l'aéroport d'Orly, puis placée en garde à vue. Elle affirme y avoir passé 26 heures avant d'être déférée au tribunal de Paris, puis d'y passer une nuit avant de rencontrer le procureur et le juge. Elle a décrit ces heures comme « les 48h les plus sordides » de son existence, selon ses propos cités par les médias.
Pourquoi cette affaire nous concerne
Cette procédure illustre plusieurs enjeux actuels pour les créatrices de contenus :
- La responsabilité pénale des prises de parole en ligne, notamment lorsqu'elles interviennent dans des situations de mobilisation sociale ;
- Les mesures préventives (interdiction de manifester, limitation d'utilisation de comptes) que peut ordonner le juge en attendant une audience ;
- La visibilité et l'impact des propos d'influenceurs : un message diffusé à des dizaines de milliers d'abonnés peut entraîner des suites judiciaires si les autorités estiment qu'il porte atteinte à l'ordre public ou incite à des infractions.
Sur les réseaux sociaux, la question de la frontière entre engagement citoyen et provocations sanctionnables est de plus en plus débattue. Les créatrices et créateurs de contenus doivent mesurer l'ampleur et les conséquences juridiques potentielles de leurs prises de parole publiques.
| Élément | Information rapportée |
|---|---|
| Interpellation | 22 octobre (à l'aéroport d'Orly selon la mise en cause) |
| Durée de garde à vue rapportée | Environ 26 heures dans un premier temps ; 48 heures citées par l'intéressée |
| Mesures judiciaires | Contrôle judiciaire, interdiction de manifester, interdiction d'utiliser le compte X |
| Audience | Convocation en vue d'une audience en mai 2027 |
Les informations de cet article sont issues des éléments publiés par BFMTV et des déclarations rapportées au parquet de Paris. Elles rendent compte des faits tels que communiqués par ces sources ; la procédure est en cours et la présomption d'innocence s'applique.
Si vous êtes confrontée à une situation de harcèlement, de menaces en ligne ou de violences, contactez les services compétents ou un professionnel du droit pour être accompagnée.