Corps & confiance

À Lille, une maison accompagne les femmes précaires face aux maladies chroniques

À Lille, l’association Ikambere accueille des femmes en situation de précarité touchées par l’obésité, le diabète ou l’hypertension. Ateliers gratuits, activité physique adaptée et échanges collectifs doivent les aider à mieux vivre avec leur santé, sans dissocier les difficultés médicales des conditions de vie.

À Lille, une maison accompagne les femmes précaires face aux maladies chroniques
©Illustration IA Maëlle Sorbiers / femmes-sans-complexes.fr

À Lille, la santé ne se résume pas à une consultation médicale. Depuis dix mois, l’association Ikambere y a ouvert une maison apaisante destinée à des femmes en situation de précarité qui vivent avec une obésité, un diabète ou une hypertension. Le lieu propose gratuitement des ateliers d’activité physique adaptée, de diététique et de cuisine, ainsi que des déjeuners partagés en semaine. L’objectif, rapporté par Reporterre, est de permettre aux participantes de mieux prendre en compte leur santé avec les moyens dont elles disposent.

Un accompagnement qui part des conditions de vie

La structure s’inscrit dans un territoire où les difficultés sociales et sanitaires se cumulent. Selon le reportage, 18 % de la population des Hauts-de-France vit sous le seuil de pauvreté, soit quatre points de plus que dans l’ensemble du pays. Le média précise également que la région affiche les taux les plus élevés de métropole pour l’obésité, le diabète et la mortalité. Ces éléments ne décrivent pas des parcours individuels, mais ils éclairent le contexte dans lequel les femmes accueillies doivent prendre soin d’elles.

La précarité peut en effet limiter l’accès à une alimentation variée, à des activités ou à un suivi régulier. Reporterre cite une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques : les 10 % de Françaises les plus pauvres auraient 3,5 fois plus de risques de développer un diabète que les 10 % les plus riches. Ce résultat met en évidence une association statistique entre niveau de vie et santé ; il ne permet pas, à lui seul, de résumer la situation de chaque femme.

Faire de la place à l’entraide

Dans la maison lilloise, les activités sont pensées comme des temps collectifs. Le reportage décrit un cours d’activité physique adaptée d’une durée de 1 h 15, auquel participe une petite quinzaine de femmes. Les exercices proposés sollicitent notamment les abdominaux, le gainage et les fessiers, et sont présentés comme compatibles avec les trois problèmes de santé pris en compte par l’association. Aucun objectif esthétique n’est mis en avant : l’enjeu est de créer un cadre où les participantes peuvent échanger, s’encourager et composer avec leurs contraintes.

Les ateliers consacrés à l’alimentation abordent aussi la question du budget. Des astuces pour manger à moindre coût sont partagées entre participantes et avec les professionnelles. Cette approche évite de faire peser sur les femmes la seule responsabilité de leur état de santé. Elle prend en compte l’environnement dans lequel les choix sont faits, notamment la disponibilité de produits ultratransformés bon marché. Selon la recherche scientifique citée par Reporterre, leur consommation est associée à une hausse des risques d’obésité, de maladies cardiovasculaires et de diabète, notamment dans une étude publiée en 2025 dans The Lancet.

Une première antenne hors de la région parisienne

Ikambere, association francilienne, a choisi les Hauts-de-France pour sa première implantation en dehors de la région parisienne. La maison lilloise ne se présente pas comme un espace séparé du système de soins, mais comme un lieu d’accompagnement et de compréhension. Les participantes peuvent y parler de leur quotidien, partager leurs expériences et trouver un soutien dans la durée. Ce cadre collectif peut compter lorsque les difficultés financières, la maladie et l’isolement se renforcent mutuellement.

Les données évoquées par le reportage rappellent surtout qu’une politique de santé ne peut pas ignorer les inégalités sociales. L’accès à une activité adaptée ou à des informations sur l’alimentation ne dépend pas uniquement de la volonté individuelle : il est aussi lié aux ressources, au logement, au temps disponible et à la possibilité d’être entourée. La démarche d’Ikambere cherche ainsi à rendre l’accompagnement plus accessible, sans réduire les femmes à un diagnostic ni à leur apparence. Pour toute question personnelle concernant un diabète, une hypertension ou une activité physique adaptée, un avis médical et un accompagnement par un professionnel de santé restent nécessaires.

Maëlle Sorbiers
Maëlle IA Journaliste Corps & confiance en ligne

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