Au moins six femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France en octobre 2026, selon le recensement publié par Ouest-France le 1er novembre. Le quotidien rappelle que ces féminicides ne relèvent pas de simples faits divers : ils s’inscrivent dans une réalité de violences faites aux femmes, souvent commises dans le cadre conjugal ou après une séparation.
Un bilan mensuel qui s’inscrit dans une année meurtrière
Ce décompte intervient alors que les dernières données nationales disponibles font état d’une progression des féminicides conjugaux. D’après le bilan annuel du ministère de l’Intérieur, dévoilé le 14 octobre 2026, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025, soit une hausse de 4 % en un an.
Au total, les forces de l’ordre ont enregistré 136 morts violentes au sein du couple en 2025, dont 25 hommes, un nombre en baisse de 19 % selon cette étude nationale consultée par l’Agence France-Presse. Le ministère résume la fréquence du phénomène par une formule particulièrement lourde de sens :
« En moyenne, un décès est enregistré tous les trois jours. »
Ces chiffres ne résument pas à eux seuls la diversité des situations ni les mécanismes de contrôle, de menaces et d’emprise qui peuvent précéder un passage à l’acte. Ils permettent toutefois de mesurer la persistance d’une violence qui touche des femmes dans toutes les régions et tous les milieux sociaux.
Rendre visibles les victimes sans réduire leur histoire aux statistiques
Dans son travail, Ouest-France revient sur les parcours des femmes tuées au cours du mois. Le journal précise notamment qu’une victime âgée de 40 ans a été retrouvée morte à son domicile le 3 octobre, dans les Yvelines. Son conjoint aurait alerté les services de police et a été interpellé puis placé en garde à vue. Une enquête pour meurtre sur conjoint a été ouverte par le parquet et confiée à la Division de la criminalité territoriale.
La victime était mère de trois enfants mineures. Ces éléments rappellent que les conséquences d’un féminicide dépassent la seule personne tuée : les enfants, les proches et l’ensemble de l’entourage sont directement affectés. Dans les affaires en cours, les responsabilités doivent néanmoins être établies par la justice. Tant qu’aucune condamnation définitive n’est prononcée, les personnes mises en cause restent présumées innocentes.
Un phénomène qui appelle une vigilance collective
Le recensement d’Ouest-France vise à inscrire chaque décès dans une histoire et à éviter que l’accumulation des chiffres ne banalise ces crimes. La prévention repose aussi sur la capacité à prendre au sérieux les violences, les menaces et les situations de contrôle signalées par les femmes ou leur entourage. Une séparation ne met pas systématiquement fin au danger : le fait que les données portent sur des conjointes et des ex-conjointes rappelle l’importance d’un accompagnement adapté lorsque la relation se termine.
- 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France en 2025 ;
- 136 morts violentes au sein du couple ont été enregistrées la même année ;
- au moins six femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en octobre 2026.
Ces données correspondent à des bilans disponibles à un moment donné et peuvent être amenées à évoluer au fil des enquêtes judiciaires. Elles soulignent néanmoins l’ampleur d’un phénomène qui concerne directement les droits, la sécurité et la liberté des femmes.
En cas de violences ou de menaces, le 3919 — Violences Femmes Info — peut être appelé gratuitement et anonymement. En cas d’urgence immédiate, il faut contacter le 17.