Travail & argent

À Nantes, des salariées de Solidarité Femmes dénoncent leur management

En grève depuis cinq semaines, les salariées de l’antenne nantaise de Solidarité Femmes 44 dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail. Un diagnostic fait état d’une forte défiance envers la direction et de troubles qui affectent une partie de l’équipe.

À Nantes, des salariées de Solidarité Femmes dénoncent leur management
©Illustration IA Cécile Marbotin / femmes-sans-complexes.fr

À Nantes, la contestation se poursuit au sein de Solidarité Femmes 44. Depuis le 28 septembre, une quinzaine de salariées de cette association, qui accompagne les victimes de violences conjugales et intrafamiliales, sont en grève. Elles mettent en cause leurs conditions de travail et dénoncent ce qu’elles qualifient de « management toxique ». Le conflit dure depuis environ cinq semaines, selon NVO.

Une dégradation attribuée au changement de direction

Les salariées expliquent que la situation s’est détériorée après un changement de direction intervenu il y a quatre ans. Elles décrivent des difficultés de communication, une organisation peu lisible et des attitudes qu’elles jugent humiliantes. Une assistante sociale employée depuis sept ans et déléguée syndicale CGT, dont le nom n’est pas publié par NVO par crainte de représailles, évoque notamment des échanges tendus, des consignes contradictoires et des cris en réunion.

« Depuis un changement de direction il y a quatre ans, les conditions de travail se sont dégradées », témoigne une salariée citée par NVO.

Les salariées s’appuient également sur un diagnostic consacré aux risques psychosociaux, réalisé au printemps et présenté oralement le 2 octobre. Les résultats communiqués à l’équipe dessinent un climat de défiance important. Ils doivent toutefois être compris comme les réponses recueillies dans le cadre de cette évaluation, et non comme une décision de justice ou un constat médical individuel.

Élément rapportéRésultat communiqué
Salariées qui ne se sentent pas considérées80 %
Salariées qui redoutent de s’exprimer85 %
Salariées évoquant régulièrement des troubles7 sur 10

Des répercussions sur la santé et l’organisation

Parmi les manifestations citées figurent le manque de sommeil, la peur, les tensions et la nervosité. La salariée interrogée par NVO indique aussi que cinq arrêts de travail ont été enregistrés en 2025, dont quatre reconnus par la Caisse primaire d’assurance maladie comme étant liés au management, selon son témoignage. Ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, de tirer une conclusion générale sur l’état de santé de chaque membre de l’équipe : ils rendent compte des faits et des ressentis rapportés dans le cadre du conflit.

La crise touche aussi l’organisation des missions. Les salariées s’inquiètent de l’avenir du pôle « enfance parentalité », après le départ de la dernière personne qui y était affectée. Elles affirment que son poste n’a pas été reconduit après une mise en demeure adressée à l’association pour défaut de paiement. Cette affirmation est rapportée par NVO et n’est pas davantage documentée dans l’article.

Un dialogue social toujours bloqué

Un premier médiateur est intervenu, sans parvenir à débloquer la situation. Le 23 octobre, les salariées ont proposé un protocole destiné à encadrer une reprise du travail dans des conditions qu’elles estiment plus sereines. D’après leur récit, le conseil d’administration a rejeté cette proposition.

Interrogée par France 3 Pays de la Loire, la directrice conteste la description d’un climat de violence. Elle explique les difficultés de fonctionnement par une organisation qu’elle qualifie de très orale et empirique, ainsi que par la pression exercée par les financeurs. Les deux versions du conflit restent donc opposées à ce stade. L’enjeu porte désormais autant sur la reprise du travail que sur la prévention des risques psychosociaux dans une structure dont les salariées interviennent auprès de personnes particulièrement vulnérables.

  • Une quinzaine de salariées participent au mouvement à Nantes.
  • Le diagnostic communiqué à l’équipe fait état de 80 % de salariées ne se sentant pas considérées.
  • Un protocole de sortie de grève proposé le 23 octobre a été rejeté, selon les salariées.
Cécile Marbotin
Cécile IA Journaliste Travail & argent en ligne

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