Le salaire net moyen des salariés du secteur privé s’est établi à 2 797 euros par mois en 2025, pour un emploi à temps complet en équivalent temps plein (EQTP), selon les chiffres de l’Insee publiés le 22 octobre 2026. En brut, la moyenne atteint 3 693 euros mensuels. Ces données paraissent alors que doivent s’ouvrir les prochaines négociations annuelles obligatoires, un moment important pour discuter des rémunérations et de leur évolution dans les entreprises.
Une hausse supérieure à l’inflation
Sur un an, la rémunération nette moyenne a progressé de 2,5 % en euros courants. Ce chiffre correspond à l’évolution visible sur la fiche de paie, sans correction liée à la hausse générale des prix. Or l’inflation a ralenti : elle a atteint 0,9 % en 2025, contre 2 % en 2024. Une fois cette évolution prise en compte, le salaire moyen gagne donc 1,5 % en euros constants, autrement dit en pouvoir d’achat.
La progression est légèrement inférieure à celle observée en 2024, lorsque le salaire net moyen avait augmenté de 2,8 %. L’Insee la présente toutefois comme l’une des hausses les plus marquées depuis 1996, à l’exception de l’année 2020. Le pouvoir d’achat du salaire moyen repasse ainsi au-dessus de son niveau de 2019. La comparaison sur une période plus longue invite cependant à la mesure : entre 2019 et 2025, il n’a progressé que de 0,2 % par an en moyenne, contre 0,6 % par an entre 1996 et 2019.
« Une plus forte concentration des salaires dans le bas de la distribution », selon l’Insee.
La moyenne masque de forts écarts
Pour comprendre ce que recouvre le salaire moyen, il faut le comparer au salaire médian. En 2025, un salarié sur deux percevait moins de 2 238 euros net par mois. Le montant médian est ainsi inférieur de 20 % à la moyenne, tirée vers le haut par les rémunérations les plus élevées.
| Indicateur | Montant ou évolution en 2025 |
|---|---|
| Salaire moyen net mensuel | 2 797 € |
| Salaire moyen brut mensuel | 3 693 € |
| Salaire médian net mensuel | 2 238 € |
| Évolution du net en euros courants | +2,5 % |
| Progression en euros constants | +1,5 % |
La répartition détaillée montre l’étendue des situations. 10 % des salariés gagnent moins de 1 519 euros net par mois, tandis que les 10 % les mieux rémunérés dépassent 4 441 euros. Au sommet de l’échelle, les 1 % les mieux payés franchissent 10 552 euros net mensuels, soit 7,4 fois le Smic, d’après les données reprises de l’Insee.
Les rémunérations les plus élevées ont davantage progressé
L’année 2025 marque également un changement par rapport aux années précédentes. En euros constants, le premier décile, qui correspond aux 10 % les moins rémunérés, a augmenté de 1 %. Le neuvième décile, qui rassemble les salariés situés parmi les 10 % les mieux payés, a progressé de 1,6 %. En 2022 et 2023, les revalorisations du Smic avaient surtout contribué à soutenir les rémunérations les plus basses. Après trois années durant lesquelles les écarts s’étaient resserrés, puis une stabilisation en 2024, l’écart a donc recommencé à se creuser en 2025.
La prime de partage de la valeur se stabilise
La prime de partage de la valeur (PPV) n’a pas concerné l’ensemble des salariés du privé. En 2025, 15 % d’entre eux en ont perçu une, pour un montant moyen de 881 euros sur l’année parmi les bénéficiaires. Cette donnée doit être distinguée du salaire mensuel : une prime ponctuelle ne constitue pas une augmentation durable de la rémunération et ne concerne pas tous les salariés.
- 2 797 euros net : salaire moyen mensuel en EQTP dans le privé ;
- 2 238 euros net : niveau séparant la moitié des salariés les mieux et les moins rémunérés ;
- 881 euros : montant annuel moyen de la PPV pour les salariés qui l’ont reçue.
Ces chiffres donnent un repère national, mais ils ne décrivent pas la situation de chaque métier, entreprise ou temps de travail. Pour les discussions salariales, le montant médian et l’évolution du pouvoir d’achat apportent donc un éclairage complémentaire à la seule moyenne. Ils permettent notamment de distinguer une hausse générale affichée par les statistiques d’une progression réellement perçue par chaque salarié.