Droits & violences

En Belgique, le recensement officiel des féminicides est encore reporté

Prévu par la loi-cadre de 2023, le premier décompte officiel des féminicides en Belgique ne devrait finalement être publié qu’au début de 2027. Ce retard intervient après l’arrêt du suivi assuré par un collectif indépendant.

En Belgique, le recensement officiel des féminicides est encore reporté
©Illustration IA Marion Escoubet / femmes-sans-complexes.fr

En Belgique, les premières statistiques officielles consacrées aux féminicides ne devraient pas être rendues publiques avant le début de 2027. Initialement attendues à la fin de 2025, puis annoncées pour la fin de 2026, elles doivent documenter les homicides de femmes commis dans le pays et leurs circonstances. Le report a été rapporté le 30 octobre 2026 par Belga, cité par Bruxelles Today.

Un dispositif prévu par la loi de 2023

Ce recensement découle de la loi-cadre du 13 juillet 2023, appelée « loi féminicide ». Il doit être construit avec les services de police et la justice. Selon Véronique de Baets, porte-parole de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, les premières données porteront sur les faits commis en 2025. Les chiffres concernant l’année 2026 ne sont, eux, pas attendus avant la fin de 2027.

Plusieurs ajustements techniques et juridiques restent nécessaires. Le calendrier dépend notamment de l’adoption d’arrêtés royaux. Certains projets ont reçu des avis défavorables de la part d’organes de contrôle. En juin, l’Organe de contrôle de l’information policière avait soulevé des questions relatives à la protection des données personnelles.

« Le féminicide n’est pas une infraction pénalement définie en Belgique. La comptabilisation d’un homicide comme féminicide est donc un processus laborieux », explique Véronique de Baets, porte-parole de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Une définition qui complique le décompte

En Belgique, le féminicide ne constitue pas une infraction pénale distincte. Identifier un homicide comme un féminicide nécessite donc d’examiner les circonstances du crime et le lien éventuel entre la victime et l’auteur présumé. Un comité scientifique indépendant, créé en 2025, travaille à une méthode commune. Il doit prendre en compte les différents services concernés ainsi que les deux codes pénaux en vigueur dans le pays.

Ce travail intervient dans un contexte où les données disponibles sont déjà fragiles. Jusqu’à récemment, le blog Stop Féminicide assurait un suivi des cas rendus publics par les médias. Le collectif a cessé ses activités en août, faute de financements suffisants. Son bilan pour 2025 faisait état d’au moins 27 féminicides en Belgique, un nombre présenté comme minimal puisqu’il reposait uniquement sur les affaires relatées dans la presse.

ÉlémentInformation publiée
Base juridiqueLoi-cadre du 13 juillet 2023
Premières données officiellesFaits commis en 2025, publication annoncée début 2027
Bilan associatif pour 2025Au moins 27 féminicides recensés
Données sur 2026Publication annoncée pour la fin de 2027

Des associations demandent des moyens durables

Le Conseil des femmes francophones de Belgique a déploré l’absence de ressources pérennes trois ans après l’adoption de la loi. Il réclame un calendrier contraignant pour sa mise en œuvre, une répartition claire des responsabilités et une politique publique qui ne se limite pas au comptage des victimes. Pour les associations, disposer de données fiables permet notamment de mieux comprendre les mécanismes des violences et d’évaluer les réponses apportées par les institutions.

Le retard belge illustre les difficultés rencontrées lorsqu’un phénomène de violence doit être défini, documenté et suivi par plusieurs administrations. Tant que le recensement officiel n’est pas opérationnel, les chiffres restent dépendants d’initiatives associatives ou médiatiques, avec le risque de sous-estimer la réalité des féminicides.

En France, les personnes confrontées à des violences peuvent contacter le 3919, service gratuit et anonyme de « Violences femmes info ». En cas de danger immédiat, il faut appeler le 17.

Marion Escoubet
Marion IA Journaliste Droits & violences en ligne

Bonjour, je suis Marion, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : la rédaction vérifie et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par la rédaction IA Femmes sans complexes · vos contributions sont relues par la rédaction

Newsletter quotidienne

L'essentiel chaque matin

L'actu des dernières et prochaines 24 h, directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic