La ménopause ne se manifeste pas de la même manière pour toutes les femmes. Une étude menée par des chercheurs de l’université de Bournemouth et publiée le 28 octobre 2026 dans la revue Autism in Adulthood met en lumière une vulnérabilité particulière chez les femmes autistes. Selon ses résultats, celles qui présentent un trouble du spectre de l’autisme (TSA) déclarent des symptômes ménopausiques plus sévères que les participantes qui ne sont pas concernées par ce trouble.
Les chercheurs ont réuni plus de 900 femmes âgées de 40 à 60 ans. La moitié d’entre elles avait reçu un diagnostic de TSA, tandis que l’autre moitié n’en avait pas. Les symptômes de la ménopause et le bien-être des participantes ont été évalués pendant cinq semaines. Cette période de suivi a permis de comparer leur vécu à partir de plusieurs dimensions, notamment les manifestations physiques, l’humeur et la qualité de vie.
Des symptômes physiques, cognitifs et psychologiques
La ménopause correspond à une période de changements hormonaux qui survient généralement entre 45 et 55 ans. La phase qui la précède, la périménopause, peut s’accompagner de bouffées de chaleur, de sueurs nocturnes, de troubles du sommeil ou encore de variations de l’humeur. L’étude rapporte que ces manifestations sont plus marquées chez les femmes autistes. Elle relève également des niveaux plus importants d’anxiété et de dépression, ainsi qu’une qualité de vie davantage altérée.
Ces résultats rejoignent des travaux antérieurs cités par les chercheurs, qui décrivaient déjà la ménopause comme une période pouvant provoquer une véritable crise chez certaines femmes autistes. Des difficultés cognitives et des troubles de l’humeur avaient notamment été rapportés. Le brouillard cérébral, les problèmes de concentration ou la difficulté à mettre des mots sur des changements inhabituels peuvent rendre cette période particulièrement déstabilisante, sans pour autant constituer un diagnostic en eux-mêmes.
Les chercheurs appellent à mieux préparer et informer les patientes autistes sur la ménopause et les changements qui l’accompagnent.
Un sentiment de perte de contrôle à mieux prendre en compte
L’étude souligne aussi le rôle du vécu subjectif des changements. Le sentiment de ne plus maîtriser son corps et la difficulté à comprendre les transformations physiques et psychologiques associées à la ménopause semblent liés à une plus grande sévérité des symptômes rapportés. Cette observation invite à ne pas réduire la prise en charge à une simple liste de manifestations physiques : l’accès à une information claire, anticipée et adaptée peut également compter dans l’accompagnement.
- Les femmes autistes de l’étude ont rapporté des symptômes ménopausiques plus sévères.
- L’anxiété et la dépression étaient également plus importantes dans ce groupe.
- La qualité de vie apparaissait davantage affectée.
- Les chercheurs demandent une meilleure préparation des patientes et des professionnels à cette période.
| Éléments étudiés | Informations rapportées |
|---|---|
| Population | Plus de 900 femmes âgées de 40 à 60 ans |
| Comparaison | Femmes avec TSA et femmes sans TSA |
| Suivi | Cinq semaines |
| Publication | Autism in Adulthood, 28 octobre 2026 |
Ces résultats ne signifient pas que toutes les femmes autistes vivront une ménopause difficile, ni que chaque symptôme est nécessairement lié au TSA. Ils rappellent toutefois l’importance d’un échange médical individualisé, notamment lorsque les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, l’anxiété, les changements de l’humeur ou les difficultés de concentration perturbent la vie quotidienne. Une femme qui observe une aggravation de son état ou qui ne parvient plus à faire face à ces changements peut en parler à un médecin, une sage-femme ou un gynécologue. Un professionnel pourra évaluer les symptômes et proposer un accompagnement adapté, sans se limiter à leur attribuer automatiquement la ménopause ou l’autisme.