Une piste de recherche pourrait-elle renouveler la prise en charge de l’endométriose ? Des chercheurs de la Washington State University ont étudié une forme modifiée de la niclosamide, un médicament historiquement utilisé contre le ténia. D’après les résultats rapportés par La Dépêche, une seule injection a entraîné, chez la souris, une diminution de la taille et du nombre des lésions associées à la maladie, ainsi qu’une baisse de la sensibilité douloureuse.
Ces résultats sont intéressants, mais ils doivent être replacés à leur juste niveau. L’expérience a été menée sur un modèle murin : elle ne permet donc pas de conclure à une efficacité ou à une sécurité chez l’être humain. La niclosamide n’est pas, à ce jour, un traitement de l’endométriose validé sur la base de ces travaux. Aucune patiente ne doit tenter d’utiliser ce médicament dans cet objectif sans l’avis d’un professionnel de santé.
Une maladie inflammatoire encore difficile à soulager
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique dans laquelle des fragments de tissu semblable à l’endomètre se développent en dehors de l’utérus. Lors des règles, ces implants peuvent provoquer une réaction inflammatoire. Les manifestations varient d’une personne à l’autre, mais peuvent comprendre des douleurs menstruelles importantes, des douleurs pelviennes, des douleurs pendant les rapports sexuels et, dans certains cas, des difficultés à concevoir. La maladie touche, selon les données citées par La Dépêche, une femme sur dix en âge de procréer.
La prise en charge actuelle vise principalement à réduire les symptômes et à limiter l’impact de la maladie sur la vie quotidienne. Elle peut s’appuyer, selon les situations, sur des antalgiques, des traitements hormonaux ou une intervention chirurgicale destinée à retirer les lésions. Ces options ne conviennent pas de la même manière à toutes les patientes et peuvent présenter des limites ou des effets indésirables. Le choix dépend notamment des symptômes, des projets de grossesse et de l’évaluation médicale.
Pourquoi la niclosamide est étudiée
La niclosamide présente un intérêt théorique en raison de propriétés anti-inflammatoires observées lors de travaux précédents. Les chercheurs se sont notamment intéressés à son action possible sur des macrophages, des cellules immunitaires présentes en quantité anormale dans les lésions d’endométriose et susceptibles de participer à leur progression.
Le médicament pose toutefois un problème de dissolution dans l’organisme. Pour atteindre une concentration jugée efficace, il faudrait absorber des doses importantes, avec un risque d’effets secondaires lourds. L’équipe américaine a donc conçu une nanothérapie : une structure microscopique appelée dendrimère sert de véhicule pour acheminer la niclosamide vers certaines cellules ciblées. Chez les souris, cette stratégie a été associée à plusieurs effets observés par les chercheurs :
- une réduction de la taille des lésions ;
- une diminution de leur nombre ;
- une baisse de la sensibilité douloureuse.
Une avancée qui doit encore être confirmée
Le passage d’un résultat obtenu chez l’animal à un traitement utilisable en médecine humaine demande plusieurs étapes : vérifier la toxicité, préciser les doses, évaluer la tolérance et démontrer l’efficacité dans des essais cliniques rigoureux. Ces travaux n’autorisent donc ni automédication ni modification d’un traitement prescrit. Ils montrent seulement qu’une voie de recherche est explorée pour agir à la fois sur les lésions et sur l’inflammation.
| Ce que montre l’étude | Ce qu’elle ne permet pas encore d’affirmer |
|---|---|
| Un effet observé chez la souris après une injection de niclosamide transportée par dendrimère | Une efficacité et une sécurité démontrées chez les femmes atteintes d’endométriose |
| Une réduction des lésions et de la douleur dans le modèle étudié | La disponibilité prochaine d’un traitement ou son remplacement des soins actuels |
Des douleurs menstruelles très fortes, des douleurs pelviennes persistantes, des saignements inhabituels ou des difficultés à avoir une vie quotidienne normale méritent d’être signalés à un médecin ou à une sage-femme. Un professionnel pourra rechercher la cause des symptômes et orienter vers une prise en charge adaptée. En cas de traitement déjà prescrit, il ne faut pas l’arrêter ni le remplacer par un médicament expérimental sans avis médical.