Un mot qui ne revient pas au milieu d’une phrase, un nom momentanément introuvable ou l’impression de perdre le fil d’une conversation : ces expériences peuvent être déstabilisantes. Autour de la périménopause et de la ménopause, certaines femmes décrivent aussi un « brouillard mental », une concentration plus fragile ou des oublis du quotidien. Dans l’émission Les conseils du Docteur Kierzek, diffusée le 28 octobre 2026 sur ICI, le Dr Gérald Kierzek rappelle que ces signes peuvent accompagner cette période de transition hormonale, sans constituer à eux seuls le signe d’une maladie grave.
Des troubles variables selon les personnes
La ménopause survient en moyenne autour de 51 ans en France. La période qui l’entoure peut s’accompagner de manifestations diverses : bouffées de chaleur, sommeil perturbé, fatigue, variations de l’humeur et sensation de brouillard mental. Toutes les femmes ne ressentent pas ces symptômes, et leur intensité peut varier au fil du temps. Les difficultés de mémoire ne traduisent pas un manque de volonté ni une baisse des capacités intellectuelles : elles peuvent s’inscrire dans un ensemble de changements qui ne se manifestent pas de la même façon chez chacune.
Le médecin évoque notamment le rôle possible des œstrogènes. Des récepteurs à ces hormones sont présents dans plusieurs zones du cerveau impliquées dans la mémoire, l’humeur, le sommeil et la régulation de la température corporelle. La baisse hormonale peut ainsi influencer certains circuits cérébraux. Elle n’explique toutefois pas automatiquement toute plainte de mémoire : d’autres facteurs peuvent contribuer à une concentration moins efficace, notamment lorsque les nuits sont régulièrement interrompues ou que la fatigue s’installe.
Ce que suggèrent les données disponibles
Les troubles ressentis pendant la transition ménopausique ne suivent pas nécessairement une évolution continue. L’étude SWAN, publiée dans la revue Neurology par Greendale G. A. et ses collègues, suggère que certaines performances cognitives peuvent fluctuer durant cette période, puis se normaliser après. Ce résultat constitue un élément de contexte, et non une explication valable pour toutes les situations. Il ne permet ni d’attribuer systématiquement les oublis aux hormones, ni d’affirmer qu’ils disparaîtront toujours.
| Manifestations possibles | Point de vigilance |
|---|---|
| Mot ou nom difficile à retrouver | Observer leur fréquence et leur évolution |
| Concentration moins stable | Tenir compte du sommeil et de la fatigue |
| Oublis du quotidien | Demander un avis s’ils deviennent gênants |
Quand consulter ?
Un avis médical est recommandé lorsque les troubles sont persistants, progressifs, brutaux ou handicapants. Cette consultation permet de replacer les symptômes dans leur contexte et de ne pas conclure trop vite à une origine hormonale. Elle est également importante si les difficultés de mémoire s’accompagnent d’autres changements préoccupants ou perturbent les activités habituelles. Le médecin pourra écouter la plainte, rechercher les éléments associés et déterminer si des examens ou une orientation sont nécessaires.
- Notez ce qui vous inquiète et depuis quand les symptômes sont présents.
- Indiquez les éventuels troubles du sommeil, épisodes de fatigue ou variations de l’humeur.
- Consultez un médecin si les oublis s’aggravent, surviennent brutalement ou compliquent la vie quotidienne.
Quelques oublis autour de la ménopause ne signifient donc pas automatiquement une maladie d’Alzheimer. Mais une gêne réelle ne doit pas être minimisée ni attribuée d’emblée aux hormones. En cas de doute, le médecin traitant ou un professionnel de santé pourra aider à évaluer la situation avec prudence.