Les troubles dépressifs ne touchent pas les femmes et les hommes dans les mêmes proportions. D’après le rapport publié le 2 novembre 2026 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), ils concernent 18,2 % des femmes, contre 12,8 % des hommes. Pour comprendre cet écart, la commission Santé, droits sexuels et reproductifs du HCE s’est appuyée sur de nombreuses études et publications scientifiques.
Une différence qui apparaît dès l’adolescence
Le rapport ne présente pas cette situation comme la conséquence d’une fragilité propre aux femmes. Il examine plutôt les conditions sociales qui exposent davantage les filles et les femmes aux difficultés psychiques au cours de leur vie. L’écart entre les sexes commencerait ainsi à se dessiner dès la puberté, période où les inégalités se combinent avec les transformations de la vie scolaire, familiale et sociale.
« On laisse parfois supposer qu’il existe une vulnérabilité naturelle des femmes », indique Bérangère Couillard, présidente du HCE.
Selon cette dernière, l’objectif du rapport est de montrer que l’environnement social produit une partie des facteurs expliquant cette différence. Les expériences vécues ne sont pas identiques selon le sexe : les femmes sont davantage exposées aux inégalités et aux violences, qui peuvent peser sur leur santé mentale. Le HCE invite donc à regarder la dépression au-delà de la seule dimension individuelle.
Les inégalités comme facteurs de santé mentale
Cette approche replace les troubles dépressifs dans une trajectoire qui commence tôt et se poursuit à différentes étapes de la vie. Les écarts de traitement, les violences et les rapports de pouvoir peuvent fragiliser durablement le bien-être psychique. Le rapport souligne ainsi que les inégalités en matière de santé mentale « se construisent dès l’enfance », selon les propos rapportés par Le Monde.
| Indicateur | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
| Part des personnes concernées par les troubles dépressifs | 18,2 % | 12,8 % |
Un enjeu qui dépasse la prise en charge individuelle
En mettant l’accent sur les déterminants sociaux, le HCE élargit la question de la prévention. La santé mentale des femmes ne peut pas être abordée uniquement sous l’angle des symptômes ou des parcours personnels : les conditions dans lesquelles elles grandissent, travaillent, vivent leurs relations et sont confrontées aux violences comptent également. Cette lecture permet de ne pas faire peser sur les seules personnes concernées la responsabilité d’une situation nourrie par des inégalités collectives.
- 18,2 % des femmes sont concernées par les troubles dépressifs, selon le rapport du HCE.
- Chez les hommes, la proportion citée par l’instance atteint 12,8 %.
- L’écart est observé dès la puberté, d’après l’analyse présentée.
- Le rapport relie cette vulnérabilité accrue aux inégalités et aux violences vécues au cours de la vie.
Cette analyse ne remplace pas un avis médical. Une tristesse persistante, une perte d’élan ou tout autre changement préoccupant dans la vie quotidienne peuvent justifier de demander conseil à un médecin, à un psychologue ou à un autre professionnel de santé.