Dans de nombreux couples, les discussions sur l’argent, les vacances, les enfants ou l’organisation de la maison trouvent assez facilement leur place. La sexualité, elle, reste parfois à l’écart. Dans un épisode de Love Coaching proposé le 2 novembre 2026 sur Radio SCOOP, Clémentine Mermet-Maréchal s’intéresse à ce silence et aux raisons pour lesquelles il peut s’installer, y compris dans une relation où les partenaires échangent déjà beaucoup.
Un sujet qui touche à l’intime
Pour la love coach, parler de sexualité ne revient pas seulement à évoquer une pratique ou une habitude. La conversation peut concerner le désir, le rapport au corps, les craintes, les envies, les limites ou encore les fantasmes. Autant de dimensions personnelles qui rendent la parole plus exposée que lorsqu’il s’agit de répartir les tâches ou de planifier les prochaines vacances.
Dire ce que l’on aimerait peut ainsi être vécu comme une prise de risque affective. La peur d’être jugé, de décevoir ou de provoquer une comparaison peut conduire à se taire. Les complexes peuvent également rendre l’échange plus difficile : évoquer son désir suppose parfois de se montrer vulnérable, alors même que l’on redoute le regard de la personne avec laquelle on partage sa vie.
« La sexualité, elle, touche à l’intime : le désir, le corps, la peur du rejet, la comparaison, les complexes, les fantasmes, les limites… »
Cette difficulté ne signifie pas nécessairement qu’un couple va mal. Elle peut simplement révéler l’absence de mots ou d’habitudes pour parler de cette partie de la relation. La sexualité n’est pas un sujet qui se règle une fois pour toutes : les envies, les limites et la disponibilité peuvent évoluer, et chacun doit pouvoir exprimer ce qui lui convient sans subir de pression.
Passer de la performance à l’exploration
Clémentine Mermet-Maréchal propose de modifier le point de départ de la discussion. Plutôt que d’aborder la sexualité comme un problème à corriger, il peut être moins intimidant de la considérer comme un domaine à découvrir à deux. Cette approche permet de sortir d’une logique d’évaluation dans laquelle l’un ou l’autre devrait correspondre à une norme ou répondre à une attente précise.
- Choisir un moment où chacun peut parler sans être interrompu.
- Présenter son ressenti et ses envies sans transformer la conversation en reproche.
- Accueillir la réponse de l’autre, y compris lorsqu’elle exprime une limite ou une absence d’envie.
- Se rappeler qu’un échange ne constitue pas un engagement à faire quelque chose : le consentement doit rester libre et réversible.
La coach souligne aussi l’importance de renoncer au « culte de la performance ». La sexualité ne se résume pas à un résultat à atteindre ni à une fréquence à respecter. En parler peut d’abord servir à mieux comprendre ce que chacun ressent, à identifier ce qui met à l’aise ou mal à l’aise, et à construire un langage commun.
Une conversation qui ne remplace pas l’écoute
Aborder ce sujet demande donc de la curiosité, mais aussi de l’attention à la parole de l’autre. Une demande peut être entendue sans être automatiquement acceptée, et une hésitation mérite d’être respectée. Cette distinction est essentielle pour que la discussion ne devienne pas une nouvelle source de pression.
Lorsque les échanges restent impossibles, provoquent une souffrance importante ou s’accompagnent de violences, de coercition ou de peur, l’accompagnement d’un professionnel peut aider à mettre des mots sur la situation. Dans tous les cas, parler de sexualité n’impose ni modèle unique ni obligation de se conformer aux attentes du couple : l’enjeu est de pouvoir exprimer ses besoins et ses limites dans un cadre respectueux.