La contestation se poursuit au Bangladesh dans l’un des principaux centres mondiaux de fabrication de vêtements. Mardi, des centaines de salariés du textile sont descendus dans les rues de Dacca pour la quatrième journée consécutive. Ils réclament une hausse importante de leur rémunération, dans un pays où l’inflation a dépassé 8 % en septembre et où la crise énergétique pèse sur l’économie.
Des salaires qui ne suivent plus le coût de la vie
Le mouvement a commencé samedi dans plusieurs usines. Les employés demandent que leur salaire soit doublé, alors que leur rémunération mensuelle moyenne est évaluée à 13 000 takas, soit 94 euros. Une partie des salariés gagne encore moins : Amena, une ouvrière de 27 ans citée par BFMTV, dit percevoir environ 12 500 takas par mois, soit 90 euros. Cette somme lui permet tout juste de régler son loyer et de contribuer à l’alimentation de ses parents, selon son témoignage rapporté par le média.
| Donnée | Éléments rapportés |
|---|---|
| Rémunération mensuelle moyenne | 13 000 takas, soit 94 euros |
| Inflation en septembre | Plus de 8 % |
| Usines concernées lundi | Au moins 670 entreprises, selon des représentants de l’industrie |
| Emploi dans le secteur | 4 millions d’ouvriers |
Une mobilisation malgré les appels à la reprise
Le nombre exact d’établissements touchés varie selon les interlocuteurs. BFMTV indique que plus de 600 usines étaient bloquées lundi, tandis que des représentants de l’industrie évoquent des débrayages dans au moins 670 entreprises, sur environ 4 000 que compte le secteur. Plusieurs centaines d’usines restaient à l’arrêt mardi, malgré les appels de syndicats à mettre fin au mouvement.
« Le Bangladesh compte parmi les pays du monde où les salaires dans le secteur du vêtement sont les plus bas », a déclaré Babul Akhter, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du vêtement et de l’industrie, à Reuters.
Le responsable syndical estime que les fabricants doivent discuter de meilleurs tarifs avec les donneurs d’ordre internationaux plutôt que de faire peser la pression sur les salariés. Cette revendication place au centre du débat la répartition de la valeur dans les chaînes de production de la mode : les vêtements sont conçus ou commercialisés par de grandes enseignes, tandis que leur confection repose largement sur une main-d’œuvre bangladaise très faiblement rémunérée.
Un pays essentiel pour les vêtements vendus dans le monde
Le textile est présenté comme la colonne vertébrale de l’économie bangladaise. Le pays est le deuxième exportateur mondial de vêtements et ce secteur génère l’essentiel de ses recettes en devises. Des marques connues en France, parmi lesquelles H&M, Zara, Walmart, Uniqlo et Primark, s’approvisionnent auprès de fabricants bangladais. La grève dépasse donc le cadre d’un conflit salarial local : elle rend visibles les conditions sociales qui accompagnent une partie des vêtements distribués sur les marchés internationaux.
- Les salariés demandent le doublement de leur rémunération.
- La mobilisation intervient alors que l’inflation dépasse 8 %.
- Le gouvernement a créé un comité chargé de renégocier les salaires.
- Le secteur emploie 4 millions de personnes au Bangladesh.
Dimanche, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un comité chargé de renégocier les rémunérations. Cette initiative ouvre une étape de discussion, mais ne met pas fin au mouvement : plusieurs centaines d’usines demeuraient bloquées mardi. Pour les consommateurs et consommatrices en France, l’épisode rappelle que les choix de mode ne se résument pas aux matières, aux coupes ou aux tendances. Ils s’inscrivent aussi dans une chaîne internationale où les droits sociaux, les salaires et le pouvoir de négociation des personnes qui fabriquent les vêtements restent des enjeux majeurs.