Une stagnation mondiale depuis quinze ans
Les adolescents bougent toujours trop peu à l’échelle mondiale. C’est le constat de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), après l’analyse de données recueillies auprès de plus de 3,2 millions de jeunes âgés de 11 à 17 ans, dans 140 pays et territoires. Publiée dans The Lancet Global Health, cette étude indique qu’environ 240 millions d’adolescents et adolescentes n’ont déclaré aucune journée comportant au moins une heure d’activité physique d’intensité modérée à élevée au cours de la semaine examinée.
Les réponses recueillies dessinent un niveau d’activité limité : les jeunes interrogés déclarent pratiquer une activité physique en moyenne 2,7 jours par semaine. Seuls 14 % disent avoir été actifs chaque jour durant la semaine précédente. Pour l’OMS, le constat est d’autant plus préoccupant que ces niveaux sont restés presque inchangés depuis quinze ans. Il ne s’agit donc pas d’une variation ponctuelle, mais d’une absence d’amélioration à l’échelle mondiale.
Les filles davantage concernées
L’étude met aussi en lumière une différence nette entre les sexes, observée dans presque tous les pays étudiés. 28 % des filles déclarent n’avoir pratiqué aucune activité physique pendant la semaine de référence, contre 22 % des garçons. À l’autre extrémité, la pratique quotidienne concerne 11 % des filles, contre 17 % des garçons.
| Indicateur | Filles | Garçons |
|---|---|---|
| Aucun jour d’activité physique pendant la semaine étudiée | 28 % | 22 % |
| Activité physique chaque jour | 11 % | 17 % |
Ces chiffres ne disent rien de la motivation individuelle des adolescentes. Ils décrivent une situation collective dans laquelle l’accès à l’activité physique, les conditions de pratique et le sentiment de sécurité peuvent peser sur les possibilités de bouger. L’OMS insiste ainsi sur la nécessité de ne pas faire reposer la réponse uniquement sur les efforts demandés aux jeunes.
« La solution ne consiste pas à dire aux adolescents de faire plus d’efforts. Il s’agit plutôt de faire en sorte que les écoles, les rues et les quartiers soient des lieux où il est sûr, facile et normal de bouger, de jouer et d’être actif. »
Cette déclaration est signée par Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Dans un autre communiqué, il souligne que les filles sont « particulièrement laissées pour compte » et déplore le peu de progrès réalisé depuis quinze ans. L’enjeu est donc aussi celui de l’environnement quotidien : l’activité ne dépend pas seulement de la volonté d’une adolescente, mais également des espaces disponibles et des conditions dans lesquelles elle peut les utiliser.
Des écarts importants selon les pays
Les résultats varient fortement d’un territoire à l’autre. En Namibie, au Népal ou aux Philippines, environ 40 % des adolescents et adolescentes interrogés indiquent n’avoir eu aucun jour d’activité physique pendant la semaine précédente. En Serbie et au Bangladesh, plus de 30 % déclarent au contraire avoir pratiqué une activité tous les jours.
Pour l’OMS, cette faible activité constitue un facteur de risque majeur de maladies cardiaques, de diabète de type 2 et de certains cancers. Ce constat relève de la santé publique et ne justifie pas de culpabiliser les jeunes ou leurs familles. Les données plaident plutôt pour des cadres de vie qui rendent le mouvement plus accessible, sans l’associer à une norme de corps ou de performance. L’étude rappelle enfin que les filles doivent être pleinement prises en compte dans les politiques et les aménagements destinés à favoriser l’activité physique.
- 240 millions de jeunes de 11 à 17 ans n’ont déclaré aucune journée d’activité physique durant la semaine étudiée.
- Les adolescents interrogés rapportent une activité moyenne de 2,7 jours par semaine.
- L’écart entre filles et garçons demeure marqué, avec une pratique quotidienne déclarée par 11 % des filles et 17 % des garçons.